Les Rousselet, hommes de confiance des Gondi

dimanche 11 juillet 2010, par Emile Boutin +



En ce lundi matin de la Pentecôte 1604, Messire Albert de Rousselet, chevalier de l’ordre du Roy, capitaine de cinquante hommes d’armes, gouverneur des villes et château de Machecoul et du Pays de Retz, ne savait où donner de la tête.

Nommé prévost de l’importante confrérie du Saint-Esprit de Machecoul, il devait accueillir ce jour, dans l’église de la Trinité, tous ses nombreux confrères, personnages de haut rang, et recevoir dans cette sainte société les impétrants qui s’avanceraient vers l’autel pour y déposer l’offrande rituelle, un cierge « d’une livre de cire » destiné au luminaire. Et selon les statuts de la confrérie, la même cérémonie se déroulerait le lendemain.

Conscient de sa charge, Albert de Rousselet avait fait « décorer honorablement et tapicer l’église de la Trinité, tant de tapicerie que de grant quantité de verdure, de boullaz, jonchées ou autres verdures qui étaient posées, atachées, jetées espandues par ladicte église ». Ce qui inquiétait le plus le prévost, c’était l’organisation du banquet qui réunirait après la messe solennelle du Saint-Esprit, tout le beau monde de la région. Financièrement il n’y avait pas de problème. Il était de droit d’imposer à chaque couple de confrères « une redevance d’un boexeau de froment ou sa valeur ». En contrepartie de sa charge, Messire Rousselet récupérerait : « les gresses, gouliers, pieds, oreilles et trippes de porc, et sur les autres bêtes seulement les gresses qui se lèveront des pots et casses, mytes, roties et brouillyes ».

Or Albert de Rousselet n’avait pas besoin des graisses ni des reliefs du festin, car il était très riche. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il était devenu prévost de la très sainte confrérie du Saint-Esprit.

Comme l’avait été avant lui, en 1595, Messire Charles de Gondi, marquis de Belle-Isle, capitaine de cent hommes d’arme des ordonnances du Roy et général de ses galères, époux de Dame Anthoinette d’Orléans-Longueville.

Puis, après Albert de Rousselet, Henry de Gondi, le fils de Charles et d’Anthoinette, sera lui aussi prévost du Saint-Esprit en 1614.

Enfin en 1616, Noble François de Rousselet, fils d’Albert, aura la même charge et les mêmes honneurs, bien qu’habitant le château de La Blanchardaye, en Vue. Avec ces personnages que nous venons de présenter, nous avons les principaux acteurs de ce qui va suivre.

D’où venaient les Rousselet ?
Comment et pourquoi sont-ils entrés au service des ducs de Retz ?

Celui qui nous intéresse en premier est François de Rousselet, sieur de la Pardieu, père d’Albert le prévost de la confrérie du Saint-Esprit. La famille avait son origine en Dauphiné. Le sieur de la Pardieu était alors, en plus, seigneur de Jaunasse, et de la Bâtie (ou des Abatis), dans cette même province. Son fils deviendra marquis de Chateaurenault en Touraine, en 1620, dans les circonstances que nous verrons. François avait épousé Méraude de Gondi, la sœur d’Albert. C’est ainsi que le sieur de la Pardieu se trouva beau-frère du duc de Retz. Méraude était donc la fille d’Antonîo de Gondi, le banquier florentin, qui fit plusieurs faillites à Lyon et de Marion de Pierrevive. Cette dernière d’une intelligence remarquable, tenant salon littéraire, pas trop scrupuleuse, était, selon son cousin Brantôme qui ne l’aimait pas « la plus grande revendeuse de putains d’Europe ». Ce qui ne l’empêcha nullement de devenir l’amie sincère de Catherine de Médicis et sa dame de confiance. Cette amitié royale, qui ne faiblit jamais, fit la fortune des Gondi et surtout celle d’Albert, confident de la reine-mère.

Antonio et Marion eurent neuf enfants. Deux seulement nous intéressent ici : le quatrième, Albert, maréchal de France qui épousa en 1565 Catherine de Clermont, étoile de l’escadron volant de la reine et héritière de la baronnie de Retz. Le huitième enfant fut une fille : Méraude. Elle épousa en 1533 François de Rousselet de la Pardieu. Voilà donc pourquoi les Rousselet sont très intimement mêlés à l’histoire du Pays de Retz aux XVI° et XVII° siècles.

En fait, les archives sont très discrètes sur cette famille, tout au moins sur leur séjour dans notre région. J’ai rencontré des Rousselet à quelques reprises lors de mes recherches sur les Gondi mais je n’y ai pas prêté une attention suffisante. C’est un chartiste, le professeur Jean-Charles Niclas, auteur d’une thèse sur la famille italienne qui orienta mon travail vers les Rousselet et me fit parvenir des copies de manuscrits des Archives Nationales. Sans lui je n’aurais pas entrepris cette étude. Je le remercie sincèrement de son aide.

François de Rousselet n’apparaît pratiquement pas dans l’histoire du Pays de Retz mais son fils Albert (ce nom lui fut donné par son oncle Albert de Gondi) y joue un rôle d’autant plus important qu’il est souterrain. Avant de venir chez nous, Albert de Rouselet fit un séjour auprès de Charles-Emmanuel de Savoie. Marié en 1585 avec Madeleine Le Mareschal, il devint l’homme de confiance de son oncle, duc de Retz. Lui et son fils servirent loyalement les seigneurs de Machecoul et de Belle-Isle, Charles et Henri de Gondi.

Pour mémoire, rappelons que Charles de Gondi, seigneur de Retz, était aussi marquis de Belle-Isle. Son épouse Antoinette d’Orléans-Longueville sauria remercier les Rousselet de leurs services, comme nous le verons. Quant à Henri de Gondi, fils de Charles, époux de Jeanne de Beaupréau, il vécut tantôt à Machecoul, à Pornic ou à Princé où il mourut.

L’ordre chronologique des Archives nous permet de suivre l’ascension de Rousselet et de sa fortune. deux actes de 1601 nous présentent le personnage et nous montrent sa dextérité dans le maniement de l’argent. Les voici : 12 août 1604 « Albert de Gondi, duc de Retz, donne procuration à son fils évêque de Paris pour accepter la vente faite par Abert de Rousselet, sieur de la Pardieu, de la terre et seigneurie de Villeret, sise en Normandie. A de Rousselet est quitte de 4 000 livres qu’il doit au duc, plus une somme d’argent à prendre sur les rentes constituées à Antoinette d’Orléans ».

31 décembre 1601.
« Messire Albert de Rousselet, chevalier, seigneur de la Pardieu, La Blanchardaye, capitaine de 50 hommes d’armes des ordonnances de Sa majesté ; gouverneur des villes, chasteau de l’île de Belle-Isle, a transporté à Balthazar Chahu, conseiler et secrétaire du roi 950 escus qui lui sont dûs par la duchesse de Mercœur ( obligation passée à Nantes le 3 mai 1598) ».

Un peu plus tard en 1613 nous voyons que les Rousselet sont toujours à la Blanchardaye de Vue et aussi que le Plessis-Grimault leur appartient.

Examinons comment les Rousselet étaient devenus sieurs de la Blanchardaye. En 1545 le seigneur en est François Blanchard (voir mon ouvrage "Châteaux et manoirs en Pays de Retz" page 212). Il épousa Claudine Chauvin dont il eut un fils Charles de la Blanchardaye. Par héritage, le domaine passa en 1577 à Bonaventure de la Muce qui vendit cette terre à Albert de Rousselet. Mais Vue possédait alors deux seigneuries. La deuxième appartenait au duc de Retz depuis 1581 et fut vendue par Henri de Gondi au fils et successeur d’Albert de Rousselet, François, en 1632, moyennant 1561 livres.

7 mars 1613 « Albert de Rousselet et sa femme, logez en l’hôtel de Raiz à Paris, demeurant ordinairement en leur maison seigneuriale de la Blanchardaye ont constitué à Messire Jean de la Tourlandry 562 livres et 10 sols de rente pour un principal de 9 000 livres ».

La rente est hypothéquée sur :

  • seigneurie de la Blanchardaye mouvante en partie du roi à cause de son comté de Nantes et en partie du Duc de Raiz,
  • seigneurie du Plessis-Grimault relevant du duc de Raiz à cause de son duché,
  • seigneurie des Noiers size au comté de Gisors et relevant du roi.

Le 15 avril 1615, le duc Henry et sa femme Jeanne de Scepeaux font procureur Albert de Rousselet pour vendre une terre « appartenant audict seigneur duc de Retz par la succession de Madame la Marquise de Belle-Isle, sa mère » (Anthoinette d’Orléans-Longueville).

Le 5 juillet de cette même année, Albert de Rousselet et sa femme prennent pour procureur noble homme Maître René Nauroix, secrétaire de Henry duc de Retz pour « emprunter en constitution de rente jusqu’à la somme de 90 000 livres ». On voit bien que le seigneur de la Blanchardaye était l’homme de confiance des Gondi. D’ailleurs le document suivant en apporte une autre preuve.

Le 12 juin 1615 « Ratification par Henry, duc de Retz, d’un contrat à bail, judiciairement passé par Albert de Rousselet, en présence de noble homme Guillaume Nanceau, sieur de la Rivière, seneschal du duché de Retz, et de noble homme François Druais, sieur de la Noë, procureur des offices du duché de Retz, le 7 novembre 1614 par devant Fromenteau, greffier à Arthon... concernant deux moulins ruinés dépendant de la seigneurie de Pornic, moyennant 50 livres par an ».

Nous arrivons à l’année 1618 qui est à marquer d’une pierre blanche par les Rousselet. Deux ans avant sa mort, Albert de Rousselet devient marquis de Chateaurenault. Cette seigneurie de Touraine comprenait plus de soixante terres. Elle appartenait par héritage à Anthoinette d’Orléans-Longueville qui l’apporta à son époux Charles de Gondi. Le marquisat de Chateaurenault était de la plus haute noblesse puisqu’il provenait de Dunois, le bâtard d’Orléans, comte de Longueville. Henri de Gondi échangea cette seigneurie qu’il tenait donc de sa mère, contre différentes terres qu’Albert de Rousselet possédait au Pays de Retz.

Voici le contrat d’échange en date du 5 juin 1618 : « Madelaine Le Mareschal (femme d’Albert de Rousselet), après lecture à elle faite du contrat d’échangerait entre Henry duc de Retz et Jeanne de Scépeaux, sa femme, d’une part, et Albert de Rousselet par devant Rolandeau et Damont, notaires en la cour du duché de Retz le 25 mai 1618 de la baronnie, terre et seigneurie de Chateauregnault contre la terre et seigneurie du Plessis-Grimault, de la Musse » et d’autres terres sur Rouans et La Sicaudais. De plus, pour équilibrer cet échange, « le sieur de la Pardieu s’engageait à verser 138 000 livres tournois au duc et à la duchesse ». Par ce document Madeleine Le Mareschal ratifiait la décision de son mari.

Albert de Rousselet ne travailla pas seulement pour le compte du duc de Retz, mais bien pour toute la famille de Gondi. Ainsi le 16 janvier 1607 l’évêque de Paris (Henri, troisième enfant d’Albert de Gondi), qui est en même temps abbé de Buzay, constitue Albert de Rousselet comme procureur, pour recevoir les fermages de cette abbaye, dont il est commendataire. Et le 7 décembre de la même année nous avons une procuration de l’ancien évêque de Paris, Pierre de Gondi, demandant à Albert de Rousselet de percevoir les revenus de l’abbaye de la Chaume en Machecoul. Enfin, toujours dans ce domaine des abbayes et autres couvents, le 13 septemre 1619, « en la chambre de dame prieure du monastère de St Louis de Poissy :
Albert de Rousselet et sa femme ont vendu à noble dame, dame sœur Jehanne de Gondi, prieure du couvent et royal monastaire St Louis de Poissy, sœur Louise de Gondi, coadjutrice, et sœur Magdelaine de Gondi, religieuses professes audict couvent, ses niepces,
à ce présentes et acceptantes achepteresses pour elles et pour leurs niepces religieuses ou escollières aud-prieuré,
la tere et seigneurie des Noyez assize et située au baillage de Gisors paroisse de la Magdelaine du Grand Andely, vente faite moyennant 100 000 livres qu’ils ont reçu comptant »
. Cette somme servit à racheter les dettes et les rentes du sieur de la Pardieu.

Pendant son long séjour au Pays de Retz, Albert de Rousselet fut souvent demandé pour être parrain d’un enfant de « grande famille ». Ainsi, le 23 août 1602 fut baptisé en la paroisse Saint Vincent de Nantes : « Albert, fils de Messire Jean Billy, sieur de la Millannerie et du Chastel et de Renée de Marquès. Parrain Haut et Puissant Seigneur Albert de Rousselet seigneur de la Blanchardais, gouverneur sous Sa Majesté de Belle-Isle et Machecoul ... ».

Dans l’acte de baptème d’Albert, fils de François de Ruays et de Louise de Larlo, sieur et dame de la Noë, nous retrouvons comme parrain Albert de Rousselet. La marraine est Rouline de Bougrenet, dame douairière du Bois-Macé. Avec les Druays ou De Ruays et les Bougrenet nous sommes en plein cœur du Pays de Retz sous l’Ancien Régime.

Albert de Rousselet mourut en 1620. L’année suivante, sa veuve, Madeleine le Mareschal, « agissant tant en son nom que comme ayant la garde noble de François de Rousselet son fils », vendit sa splendide propriété de Montplaisir, dominant la ria de Pornic (actuellement l’hôpital) ainsi que les « fiefs, cens, et moulin de la Musse à Jean de Bruc de la Grée »..

Ce seigneur né en 1576, d’abord secrétaire de la maison du duc de Retz, devint « procureur général et syndic des Etats de Bretagne ». Il épousa Marie Vénier, fille de Francisco Véniero, de la noble famille des Venieri qui donna un doge à Venise.

Jean de Bruc et son épouse habitèrent quelques temps à Montplaisir. Ils furent aussi propriétaires de la Verrie en bordure de Loire, à l’estuaire. Nous voyons ainsi comment les Rousselet gravitaient autour des Gondi et des Italiens venus au Pays de Retz.

D’ailleurs nous allons en avoir une nouvelle preuve avec l’acte de mariage de François de Rousselet, le fils d’Albert. Le contrat fut établi le 19 mars 1622. François épousait « Louise de Compans, fille deffunct mesieur maître Noël de Compans, en son vivant conseiller du roi et maistre ordinaire sa chambre des comptes ». Les témoins du marié ne sont pas de petites gens. Voyez plutôt. Ont signé Henri cardinal de Gondi, Jean-François de Gondi, Françoise de Gondi, Marguerite de Gondi, Anne de Hallwin, Léonor de la Magdeleine, Ypollite de Gondi, Pierre de Gondi (comte de Joigny, futur duc de Retz) Messire Henri de Gondi, marquis des isles.

Jean-Paul de Gondi Avant son mariage François de Rousselet avait été « enfant d’honneur » du roi Louis XIII. Il résidait avec ses parents à la Blanchardaye et nous le voyons 21 novembre 1613 parrain de François, fils de David Barbe et de Marie caillaud à Bourgneuf. Il est alors nommé « fils du gouverneur de Machecoul et Belle-Isle et de Magdelaine Le Mareschal, sieur de La Blanchardaye ».

A la mort de son père François reçut la charge d’Albert. On ne sait combien de temps il resta gouverneur de Belle-Isle. En tout cas, il ne l’était plus en 1640 puisque selon le RP Le Gallem (histoire de Belle-Isle) à cette date le gouverneur était le seigneur de Boisdavy. Nous avons vu précédemment qu’il avait été acheté du duc de Retz la deuxième partie de la seigneurie de Vue. On retrouve le personnage en 1671, puisqu’il rachète le 17 juilet l’hypothèque de 9 000 livres passée par son père.

Je n’ai plus trouvé de documents sur ce personnage, sauf comme marquis de Chateaurenault. Mais je pense que de jeunes chercheurs pourraient repasser les archives au crible concernant François de Rousselet. Ce seigneur mourut en 1677. Son fils aîné, prénommé François comme lui, marquis de Chateaurenault, a toujours le titre de gouverneur de Machecoul et de Belle-Isle. Il épousa en 1658 Marie Leguay et ne survécut à son père que de quatre ans.

Le cadet, prénommé Albert comme son grand-père, fut abbé de Pornic. On voit que la famille savait se pourvoir en bénéfices. Deux autres garçons de François (Balthazar et François-Louis de Rousselet) furent suivis de cinq filles religieuses.

La génération suivante verra encore un Henri-Charles de Rousselet de Chateaurenault comme abbé de Sainte-Marie. Nous le trouvons comme parrain d’Anastasie, fille de Laurent Burgaud, lieutenant-général du duché de Retz, baptisée le 15 septembre 1687.

François-Louis de Rousselet, cité ci-dessus, fut le grand personnage de la famille de Chateaurenault. Né en 1637, il se distingue à la bataille des Dunes sous Turenne, combat dans la marine les corsaires barbaresques, défait les amiraux hollandais Ryuter en 1675 et Evertsen en 1677 (sur les côtes d’Espagne), bombarde Alger en 1688 ; puis il devient lieutenant-général des armées navales et maréchal de France en 1703.

Nommé gouverneur de Bretagne, nous le retrouvons dans toute notre histoire du Pays de Retz pendant la première décennie du XVIII° siècle.

2 Messages de forum

  • 23 juillet 2016 23:30 Les Rousselet, hommes de confiance des Gondi par serrut

    Article remarquable !

    Moi-même, je mène des recherches depuis plus de dix ans sur les Gondi et leurs descendants, aussi j’ai apprécié les divers documents dont vous faites état.

    Je peux vous apporter quelques précisions concernant François de Rousselet, seigneur de la Part Dieu (alors en Dauphiné) :

    "Claude Rousselet – ou Rosselet – prénommé aussi François, notable devers Fourvière, Monsieur de la Part Dieu, fils de Madame la trésorière Rosselette qui était Jeanne Rosselette, épouse du trésorier Rosselette, dite Jeanne l’allemande."

    Cette Jeanne qui avait épousé Jean Rousselet, secrétaire du Roy - le père de François - était fille de Jean Lalemant l’aîné, seigneur du Perreau, receveur général en Normandie, qui fut Maire de Bourges en 1500 et la suivante.

    Donc les Rousselet était déjà dans la mouvance du pouvoir, bien avant l’alliance matrimoniale avec la fille d’Antoine de Gondi et de Maire-Catherine de Pierrevive.

    Cordialement

    Andrée Serrut-Possety

  • 3 août 2016 09:15 Les Rousselet, hommes de confiance des Gondi par Dominique Pierrelée

    Grand merci pour ces précisions.

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