Leodegaire, patron de Saint-Léger

mercredi 4 août 2010, par L’antenne de Saint-Léger-les-Vignes


Ecclésiastique, il vécut au VII° siècle. Appelé à la cour, il attisa la jalousie des puissants par ses remarquables capacités d’administrateur et de négociateur. (Article paru dans le N° 1 de septembre 2005 des Echos de mémoire).


Homme de grande taille à l’allure imposante, Léodegaire, devenu saint Léger, fut un personnage de premier plan dans la France balbutiante du VIIè siècle.

Après la tourmente des grandes invasions barbares, la désorganisation de la société gallo-romaine était totale ; un seul corps avait su conserver une certaine cohésion, l’ Eglise. C’est dans cette société que se distingue Léodegaire, parfois dénigré comme ambitieux par certains historiens, mais il apparaît pour le moins comme habile administrateur et fin négociateur. Ce qui est certain c’est qu’il a plus usé de la diplomatie que de la violence. Mais pendant 15 ans il trouve un ennemi implacable en la personne d’Ebroïn tout puissant maire du palais de Neustrie. Soucieux de paix, lors du siège de son évêché d’Autun par le bouillant Ebroïn, il choisit de se livrer, à la tête de son clergé, afin de préserver la ville. Il est alors sauvagement mutilé (lèvres et langue coupées, yeux crevés), avant d’être interné à Fécamp. Mais Ebroïn voulant l’écraser totalement, parvient à ses fins en le faisant décapiter près d’Arras en 678. Très vite ceux qui l’ont connu lui vouent un culte qui lui vaut d’être rapidement canonisé.

Mais comment cet homme était-il parvenu à cette envergure ? Né vers 616 au sein d’une noble famille de l’aristocratie gallo-romaine et orphelin très tôt, il fut d’abord élevé à la cour du roi Clotaire II. Puis il fut placé auprès de son oncle maternel Didon, évêque de Poitiers. Il reçoit là la meilleure et la plus brillante éducation qui soit en ces temps-là. A l’âge de 36 ans il s’acquitte avec une intelligence remarquable, de la direction de l’abbaye de Luxeuil proche de Saint-Maixent, que son oncle lui a confiée. C’est alors que la reine Bathilde l’appelle au Conseil de Régence où il fait preuve de la même efficacité. Enfin la reine lui confie le difficile évêché d’Autun qu’il pacifie avec tact et fermeté. Mais c’est là que naîtra l’opposition avec Ebroïn, maire du Palais : celui-ci viendra l’y assiéger, le fera prisonnier et finalement le fera assassiner près d’Arras en 678. Le rayonnement de saint Léger apparaît donc principalement dans trois pôles qui en gardent une forte empreinte : le Poitou (Saint Maixent), la Bourgogne (Autun), et le Nord Picardie (Fécamp, Arras).

Par son caractère, sa vie, et ses épreuves, Léodegaire (saint Léger) pourrait judicieusement être considéré comme le saint patron des ecclésiastiques qui versent dans la politique.

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