Le prieuré Sainte Marie de Prigny

vendredi 30 juillet 2010, par Emile Boutin +


Pendant tout le Moyen Age, le Prieuré Sainte Marie de Prigny a ouvert l’Anjou sur l’Atlantique et plus particulièrement sur les salines « de la Baye ». Prigny a donc joué un rôle important dans l’équilibre des différentes influences, bretonnes, angevines, poitevines au Pays de Retz


Quand le roi irlandais Nial pillait l’estuaire de la Loire

L’oppidum de Prigny fut un des premiers sites christianisés du Pays de Retz. Il est vraisemblable que St-Hilaire vint comme il est allé à Rezé baptiser St Lupien. Sans doute à cette époque le culte était-il célébré dans une pièce de la villa gallo romaine. En sorte un Titulus. Car la villa était grande et s’étendait jusqu’au village des Courtes où se situaient les jardins et jusqu’à la Rairie qui était en bordure de la voie Prigny - Le Clion. Nous avons la preuve de la présence du christianisme en ce lieu dès le IV° siècle par la découverte d’un vase sacré retrouvé à Glasgow. En effet le 26 février 1926, un texte de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres nous dit : « Monsieur Camille Jullian lit au nom de Monsieur Besnier professeur à l’Université de Caen une étude sur la découverte d’un trésor d’argent près de Glasgow ». « Ce trésor a été enlevé en Gaulle au temps des invasions germaniques, au IV° siècle. Or l’un des de ce trésor porte l’inscription « Prymiacos Ecclesiae Picviensis ». Il s’agit d’un grand domaine devenu la propriété de Poitiers. Ce Prymiacos n’est autre que Prigny dans les Moustiers au Pays de Retz qui dépendait alors du Diocèse de Poitiers. Le trésor a dû être pillé par les pirates irlandais vers 406 ». Nous savons en effet par les légendes irlandaises et la tradition de Saint Patrick que le roi irlandais Nial a opéré à cette époque une descente à l’embouchure de la Loire. C’est au Moyen Age que Prigny atteindra son apogée, à l’époque où les flottes nordiques viendront chercher le sel réputé de la Baye de Bretagne. La Cour de Justice de Prigny distribuera alors des « briefs de saulveté ». Dès le Xl° siècle, l’importance juridique du site est prouvée puisque nous avons un viguier à Prigny.

Il s’agit à cette époque du seigneur Judicaël. Son nom paraît pour la première fois dans un texte de 1038. Il signe alors la donation faite par le comte Budic de l’Eglise de Saint Cyr de Nantes à des religieux d’Angers. Nous retrouvons sa signature en 1048, au bas de l’acte de donation de l’Eglise de Chéméré par le seigneur Glaviheim aux moines de Saint Serge.

Enfin son nom de Judicael Vetulus c’est-à-dire Judicael l’ancien, se trouve dans une transaction entre le comte Judic et Catwalon, abbé de Redon. L’époque des invasions normandes est terminée depuis peu, et parmi les seigneurs récompensés par le Roi de France figure Harscouet de Sainte Croix seigneur de Machecoul dont nous avons parlé dans le chapître del’Abbaye de la Chaume. Harscouët ou Harscoïd avait une soeur Adénor. Elle épousa le viguier de Prigny Judicaël. De cette union naquirent quatre fils : Barbotin, Gaiffier, Mandeguerre, et Juhel. Nous trouvons souvent leurs noms dans les cartulaires. Mais Judicaël et Adénor eurent également deux filles. On en a peu parlé. L’aînée fut mariée au seigneur de Saint Philbert. Quant à la deuxième, elle voulut entrer au monastère Sainte Marie du Ronceray d’Angers. On peut se demander pourquoi Judicaël et Adénor avaient choisi une communauté angevine pour leur seconde fille d’autant plus que vers la même époque leur frère Harscouët donnait aux Bénédictins de Saint Sauveur de Redon deux églises à Machecoul. Nous avons vu qu’après la guerre de Cent Ans, les seigneurs rentrant de Francie occidentale, avaient été profondément marqués par les monastères bénédictins de la Vallée de la Loire. Il y eut alors une réaction en faveur des monastères bretons, réaction amorcée dès le X° siècle par Alain Barbetorte. Contrairement à son frère qui s’était tourné vers les Bénédictins Bretons, Adénor va fonder un prieuré dépendant d’une abbaye bénédictine angevine. Sans doute la bienveillance du Comte Budic et de son fils Mathias envers le Ronceray a-t-elle influé sur sa décision. Mais pour entrer en religion, une fille noble devait avoir sa dot, Adénor va s’en occuper.

Une terre des miracles

Il existait dans le faubourg de Prigny, à environ un kilomètre et demi du château, une ancienne chapelle en ruines détruite probablement par des invasions normandes. Elle avait été construite vers la fin du VII° siècle par les moines de St-Philbert de Noirmoutier. Elle était dédiée à la Vierge. Comme pour la chapelle de Notre Dame de la Chaume construite à la même époque et par les mêmes moines, les chrétiens prirent l’habitude de se faire enterrer d’abord dans la chapelle puis tout autour dans cette terre bénie et privilégiée par des miracles.

Cette chapelle était située tout près de l’église Saint Pierre qui avait été restaurée dès le début du XI° siècle et qui était desservie par les moines philibertins. Jusqu’au jour où l’église Saint Pierre sera vendue par l’évêque Quiriac aux Bénédictins de Redon.

Au XI° siècle dans le faubourg de Prigny, autour de la chapelle de la Vierge et de l’Eglise, on comptait 75 maisons dont 5 étaient couvertes en ardoises, 8 en rouche (roseaux du marais) et les autres en tuiles tige de bottes. C’est dire que déjà le faubourg du territoire de Prigny « burgus territorii prugniacensis » était bien peuplé pour l’époque. Sans doute à cause de la proximité de la mer et des marais salants.

Dame Adénor avait été une fois à Jérusalem. Elle avait fait le voeu d’y retourner, mais son état de santé l’en avait empêchée. Le cartulaire du Ronceray nous raconte : « Elle venait de se mettre en route avec ses compagnons, lorsque ses enfants, affligés de la longue séparation qu’elle leur imposait et persuadés qu’ils ne la reverraient plus, obtinrent la promesse d’y renoncer et de construire sur leurs terres, qui étaient aussi les siennes, avec l’argent qu’elle emportait avec elle, une église en l’honneur du saint qu’elle jugerait convenable et qu’elle choisirait elle-même, dans laquelle à perpétuité, on célébrerait l’office divin ». Adénor eut donc l’idée d’acheter au prêtre Even qui était le chapelain de Saint Pierre, la petite chapelle en ruines située auprès de son église. A vrai dire, Even ne célébrait pas la messe fréquemment dans la chapelle, « à cause de la pauvreté du lieu », mais cet oratoire était de sa juridiction. Moyennant les deux tiers des dîmes de la Gressière (à La Bernerie) dont il avait déjà l’autre tiers, il accepta la proposition d’Adénor sous réserves d’avoir « à tout jamais son propre droit d’autel et d’offrandes ». La charte du Ronceray continue : « Adénor bâtit en l’honneur de la Sainte Vierge cette église espérant ainsi apaiser le Seigneur pour l’interruption de son pèlerinage déjà commencé. Cette église construite pour accomplir son voeu et enrichie des terres de ses enfants, autant qu’elle put en obtenir, elle la donna à garder à son fils cadet appelé Gaiffier. Et à sa mort elle devait être cédée à perpétuité à sa fille, dénommée comme elle, Adénor, laquelle s’était consacrée à Dieu dans l’ordre des religieuses de la Charité du Ronceray d’Angers. Après la mort de la mère, la fille exprima à son frère Gaiffier le désir de donner ce prieuré au monastère de la Charité, c’està-dire la propriété tout entière ». Gaiffier accepta, fit placer l’acte de donation sur l’autel et en présence de son fils, de son frère Mandeguerre et de l’Abbesse Ricarde « concèda à perpétuité et garantie de toute contestation tout ce qui avait été donné par leur mère ainsi que sa soeur l’avait demandé. Permirent cette condition : que le superflu des revenus de cette propriété après avoir prélevé l’entretien des religieuses qui devaient y demeurer, serait envoyé à Angers pour servir à l’entretien commun des religieuses du monastère ».

L’église Madame

Adénor, fille de Judicaël, avait une belle dot. Devenue bénédictine du Ronceray, elle allait, par son prieuré du territoire de Prigny, contribuer puissamment à l’enrichissement de l’abbaye d’Angers. L’église de Sainte Marie située « dans la villa de Prigny deviendra sous peu l’église Madame (sanctae Mariae ecclesia quae, in villa Pruniaco dicta, sita est). Ce n’est pas l’Église Notre Dame, mais l’Eglise Madame, c’est-à-dire l’église de Madame la Prieure ».

Pendant tout le Moyen Age et jusqu’à la Révolution, l’histoire du prieuré et du faubourg de Prigny va dominer l’histoire locale. Judicaël avait cédé aux religieuses en plus de l’église « la moitié du bourg, tout le péage du dit bourg et la complète intendance ainsi que la moitié des droits sur le marché ». Ne voulant pas être en reste son beau-frère Nihel « céda deux parties des dîmes qui sont dues pour trois demeures, et la moitié de la redevance sur les oiseaux et les poissons de mer ». Les chartes ne nous rapportent pas si les religieuses qui vécurent au Prieuré furent pieuses, pratiquèrent la charité et vécurent selon l’évangile. Seul Dieu connaît ses saints. Mais ce que nous savons et ce qui est prouvé par tous les textes que nous avons lus, c’est que la vie de la communauté fut une suite de luttes incessantes pour agrandir le domaine dépendant du prieuré pour obtenir de nouvelles terres. Sans doute les religieuses vécurent-elles aussi pauvrement que les habitants du village, mais par contre la communauté devint très vite immensément riche.

Il n’est point de seigneur, dans toute la région qui, pour se faire pardonner une incartade, ne donnât à la prieure, une terre ou une demeure. On voit Harscouët ler Sire de Retz et Justin son fils Sire de Machecoul « renoncer aux droits de collecte et de taille qu’ils tiennent de leur « jure hereditario » sur leurs sujets des Moutiers en faveur de la Prieure Hermerigue ». Et, bien souvent, c’est la supérieure, elle-même, qui va quémander telle parcelle qui lui convient. Voyez plutôt la donation de Raoul de Machecoul (charte CDXLIII) : « Moi, Raoul, seigneur de Machecoul, je veux faire connaître le don que j’ai fait à l’église de Sainte Marie des Moutiers, et le confirmer par l’apposition de mon sceau. Jeanne, prieure du dit Prieuré, soeur de mon épouse, est venue me trouver et me dire : « Seigneur, nous manquons de terres où nous puissions travailler ». A cette demande, par affection pour la prieure, et aussi pour la rémission de mes péchés, j’ai donné à cette église de Sainte Marie la prairie appelée la vallée de la Folie-Benoît. De plus, que tous sachent que cette concession s’étend du Moulin des Moines jusqu’à la vallée des Templiers. Et comme je veux que l’effet de ma libéralité ne soit jamais effacé, je ratifie le don que j’ai fait, en présence de Jean de Machecoul qui est, en ce moment, sénéchal ».

Les salines de la Vierge

Beaucoup de roturiers firent également des dons au Prieuré. Telles Jeanne Grosse-Tête et sa fille Orégon qui donnèrent à Sainte Marie, chacune « une saline exempte de toute servitude ». Quant à une nommée Ulgarde, « elle donna une saline pour le salut de son âme ». Les salines étaient très appréciées du Ronceray et avaient sûrement joué en faveur de l’implantation de cette communauté au faubourg de Prigny. Tous les monastères de cette époque désiraient avoir leurs salines. Presque toutes les chartes de donation commence ainsi : « Au nom du Seigneur, moi, X...., me souvenant de cette parole « donnez et l’on vous donnera », pour le salut de mon âme, pour celui des âmes de mes parents, j’ai concédé et donné à l’église Sainte-Marie de Prugné... ».

Toutes les paroisses voisines exploitaient des terres qui appartenaient au Prieuré. Au début du XVI° siècle, Sainte Marie possédait à Saint Cyr en Retz, un fief de « huit cents boisselées ». L’église de Saint Hilaire de Chaléons appartenait à la communauté (charte CDXXXIX).

Mais celà n’allait pas sans contestation. En 1235, la Prieure Dame Agnès se querelle avec le Curé de Saint Hilaire de Chaléons sur le droit de chacun d’eux à percevoir les dîmes de ladite paroisse. L’évêque accorde une part à la Prieure et deux parts au Curé. Dame Agnès continue de lutter et en 1250 elle obtient enfin d’avoir la moitié des dames. En 1266, l’abbé de Sainte Marie de Pornic reconnait devoir au Prieuré de Prigny le quart de la vendange d’une vigne appelée « la mauvaise » auprès de Pornic, plus une rente annuelle de 18 deniers.

Bien entendu, toutes les maisons bâties dans le bourg, excepté celle du prêtre Even, curé de l’église paroissiale, étaient sous la juridiction immédiate de la Prieure. La propriété comprenait au moins 150 hectares. Une telle richesse devait forcément faire des envieux et, du vivant même des enfants de Judicaël et d’Adénor, le prieuré va devoir se défendre plus encore contre les autorités religieuses que contre les seigneurs. Les ennuis commencent par les démêlés avec l’évêque de Nantes. L’Abbaye du Ronceray était en relation directe avec le Pape, mais l’évêque Guérech ignorait jusqu’à l’existence d’une communauté au faubourg de Prigny. Ceci s’explique par le fait que l’évêque de Nantes Airard avait bien donné son accord à l’installation des religieuses mais ce même évêque fut dépossédé de son siège par un laïque Guérech qui fut ensuite nommé évêque à sa place. Or, « aucune attestation authentique » du prieuré de Prigny n’avait été enregistrée à ce moment à l’évêché de Nantes. Guérech ne pouvait admettre un établissement religieux qui n’avait pas eu sa bénédiction apostolique.

Le Besant d’Or de l’Assomption

L’évêque menace donc la communauté d’interdit, voir d’excommunication. Les religieuses se font alors suppliantes et Guérech consent, moyennant finances, à passer l’éponge. « Nous avons condescendu à la si juste prière des religieuses, et nous avons placé sous notre pouvoir et sous celui de l’église de Nantes la dite église du Prugné et tout ce qui lui appartient, retenant en compensation pour l’église de Nantes le droit d’un Besant d’Or, à payer chaque année, le jour de lAssomption de la Bienheureuse Vierge Marie » (charte CDXXIX). La dédicace de l’église du prieuré fut faite en 1064. Il faut reconnaître d’ailleurs qu’à cette période l’église était entachée de simonie. Nous avons déjà vu l’évêque de Nantes vendre l’église Saint Pierre des Moutiers aux moines de Saint Sauveur de Redon. Certes, on peut invoquer la raison politique qui voulait rattacher à la Bretagne religieuse les conquêtes d’Erispoë et d’Alain Barbetorte. Mais il faut reconnaître que l’attrait de l’argent était puissant chez les évêques.

D’ailleurs les communautés elles-mêmes se faisaient souvent la guerre pour agrandir leurs domaines. C’est ainsi que les moines de Luçon étaient intervenus auprès de Benoît, évêque de Nantes, lors d’un de ses voyages en Vendée. Ils avaient revendiqué le prieuré de Prigny dont ils s’estimaient propriétaires. Leurs arguments étaient de valeur, puisque Benoît s’était laissé impressionner au point d’en référer au Pape. Peu après, le Pape Alexandre II prescrivit aux religieuses de rendre aux Moines vendéens l’église Sainte Marie. L’argumentation des moines de Luçon était simple. Disciples de St-Philbert, ils savaient que les moines de Noirmoutier avaient jadis créé une chapelle dédiée à la Vierge dans le faubourg de Prigny et donc que cette chapelle appartenait à la communauté des Philibertins. Après les dévastations des invasions normandes, ils n’avaient pas réclamé la chapelle de la Vierge qui était considérée comme détruite. Mais lorsqu’ils virent un prieuré prospère enrichir le Ronceray, ils firent valoir leurs droits qui étaient fondés. Nous avons d’ailleurs vu les moines de Tournus agir de même et pour les mêmes motifs envers l’abbaye de la Chaume de Machecoul.

Mais Gaiffier, fils de Judicaël, qui connait bien l’histoire de la donation, intervient vigoureusement pour défendre le Ronceray. Et fin du XI° siècle, le Pape Pascal par ordonnance donnée au Palais de Latran aux ides de Mars « décrète que la dite église de Sainte Marie de Prigny demeurera à perpétuité au Monastère de Sainte Marie dAngers ». Il y aura encore des remous et plus tard le Pape Lucius II devra également intervenir dans le même sens dans le procès qui opposera les religieuses à l’abbaye de Nieul en Poitou. Il faut toutefois reconnaître que si les religieuses conservèrent leur prieuré au Monastère du Ronceray, ce fut grâce à l’intervention des évêques qui firent remarquer au Pape que malgré les droits réels des moines philibertins, il y avait prescription.

La Prieure excommuniée

Les prieures eurent donc à défendre la jeune communauté contre les papes, les évêques et les congrégations voisines. Mais de plus, elles furent obligées de prendre fréquemment des options politiques qui les mirent parfois en mauvaise situation vis-à-vis du pouvoir. C’est ainsi que pendant la guerre de Cent Ans où le Pays de Retz, allié de Charles de Blois, fut attaqué et occupé par les Anglais, la Prieure Aliénor de Champagne fut accusée « de pactiser avec les Anglois ». Pendant un certain temps, le prieuré fut mis sous séquestre par le Duc de Bretagne. La Guerre de Cent Ans fut particulièrement cruelle pour le Pays de Retz. Les Anglais s’étaient emparé du fort du Collet et du château de Prigny. Le Roi d’Angleterre Edouard III avait même établi un de ses grands capitaines, Gautier Huet, au Collet. Gauthier Huet leva de très lourds impôts et réquisitionna systématiquement le blé, le sel, le vin, etc... Bien entendu le Prieuré de Sainte Marie tout proche du Collet, fut littéralement pillé. Si bien qu’en 1362 il était considéré « comme destruiz ». A tel point qu’en 1382, le Duc exempta d’impôt tous les sujets de la Prieure. Plus tard pendant que le Roi de France, Louis XII guerroyait contre l’Italie, le Royaume de France fut frappé d’interdit par le Pape Jules Il et Anne Marie de Laporte, nouvelle prieure de Sainte Marie de Prigny, se trouva victime de l’excommunication générale. Lorsque les prieurés de Saint Cyr de Nantes et de Bois Garand de Sautron furent réunis à celui de Sainte Marie de Prigny, ce dernier prit le nom de Prieuré des Moutiers. C’est ce qui a donné son nom à la paroisse. Certains auteurs ont prétendu que le nom de Moutiers qui signifie monastères aurait été donné au pays parce qu’il y avait à l’époque plusieurs communautés. D’abord les Bénédictins de Saint Sauveur de Redon qui avaient acheté à l’évêque de Nantes l’Eglise Saint Pierre au Xl° siècle. Puis l’abbaye St-Nicolas de Prigny où des moines de Saint Jouin de Marne, disciples de Saint Martin de Vertou s’étaient établis à la demande du prêtre Heslye qui devint d’ailleurs Bénédictin par la suite.

Je ne suis pas d’accord avec cette hypothèse car la première fois où l’on trouve le nom de Moutiers c’est au moment de la réunion de Saint Cyr et de Boisgarand à Prigny. Il n’en est jamais question antérieurement. Après la destruction du couvent par les Anglais pendant la guerre de Cent Ans, les religieuses vinrent reconstruire le Prieuré. Nous savons qu’elles étaient alors au nombre de douze. Mais la petite communauté diminua progressivement, si bien qu’au début du XV° siècle « par suite du malheur des temps » les sœurs durent rentrer au Ronceray. C’est la fin de la première période du Prieuré de Sainte Marie de Prigny. Période qui aura duré quatre siècles à peine. Désormais le Prieuré sera administré par un fermier général. Si le territoire dépendant de Sainte-Marie de Prigny s’étendait sur toutes les communes avoisinantes, ce que nous savons par les aveux, l’ensemble des Moutiers n’appartenait pas au Prieuré.

Le froment, les fèves et la journée de maçon

En effet trois enclaves étaient indépendantes. D’abord le Bois des Tréhans. C’était une terre seigneuriale dont les propriétés s’étendaient surtout vers la Sennetière et Le Clion.

Puis un fief nommé « de Vieillevigne-entre-les-deux-châteaux ». Ces terres provenaient de l’héritage de Barbotin, fils aîné de Judicaël. Le village actuel de Villeneuve était le centre de cette juridiction.

Enfin le domaine du château de Prigny. Il relevait de la baronnie, plus tard duché de Retz. Il comprenait également le Collet. Au XV° siècle, c’est à Prigny qu’on délivrait des « Briefs de Saulveté » et les « congés de délestage » aux bateaux qui venaient charger le sel de la Baie. Sous le contrôle des fermiers généraux et des procureurs fiscaux, le prieuré des Moutiers continua de se développer sur le plan temporel. Nous connaissons par exemple, les ressources de la communauté pour l’année 1524. Le Procureur Jehan Potier nous donne les chiffres suivants :

  • 294 boisseaux de froment
  • 97 boisseaux de sel + 3 quarteaux
  • 27 boisseaux d’avoine
  • 20 boisseaux de fèves nommées gourganes.

Le procureur avait également reçu 6 pipes de vin et 43 chapons, ce qui ne nous semble pas énorme.
Nous avons quelques indices du coût de la vie au Pays de Retz au début du XVI° siècle :

  • Le mille d’ardoises coûte 25 sous.
  • Le mille de clous à latter 5 sous.
  • Le cent de lattes 6 sous et 6 deniers.
  • Une pipe de plâtre 20 sous.
  • Une journée de maçon, 1 sou et 8 deniers.
  • Un charroi de carreaux et de chaux entre Chéméré et les Moutiers c’est-à-dire sur une distance d’une dizaine de kilomètres était payé 5 sous. En 1530, une vache vaut 25 sous et un quartier de boeuf 15 sous.

Ce sont de curieux personnages que les procureurs fiscaux. Ils ont pratiquement tous les pouvoirs qui leur sont conférés par la prieure.

Un maytre coq

En règle générale, les fermiers généraux et les procureurs fiscaux de Sainte Marie des Moutiers étaient honnêtes. Je n’ai pas trouvé trace de litiges sérieux avec les habitants du pays. Mais par contre, ils étaient profondément imbus de leur supériorité. Je ne citerai que le cas de Jean le Jau, qui fit graver sur une plaque de cuivre sur sa maison bâtie à neuf, un petit manoir à l’est de l’église : « Honorables personnes, maytre Jean le Jau, syeur de la Praudyère, procureurfiscal du Boys-des-Tréhans, Vyellevygne et Machecoü, entre les deux chastüx, greffyer de Madame la Pryeure de ce lyeu, notayre du dûché de Retz, nay du XII novembre 1569, et Antoynette Pothyer, sa femme et épouse, du XV janvier 1595, naquye du XVIII aoust 1578, ont ce logyx faict bastyr et parachever le dernyer jour de juyllet, en l’an 1627, n’ayant poynt anffans procréés de leur chayre ».

Jean le Jau savait également soigner sa publicité. Voulant perpétuer son passage sur cette terre puisqu’il n’avait point d’enfant, il paya de ses deniers une toile qui devint le tableau central de la décoration du rétable de l’église Saint Pierre. Il s’agit de la dation des clés au chef des Apôtres. Bien sûr Jean le Jau ne pouvait se faire peindre avec la tête du Christ, mais c’est lui qui servit de modèle pour le personnage de Saint Pierre recevant les clés à genoux. A défaut de canonisation Jean le Jau se trouvait donc sur les autels. Il était représenté en costume de procureur portant sur sa poitrine ses armes parlantes. Un écusson avec un coq, un jau selon le patois du pays. Malheureusement pour lui, lors d’une réfection du rétable au XIX° siècle, le curé de l’époque estimant sans doute que le procureur n’avait pas péché par excès d’humilité fit disparaître sa toile et la remplaça par celle qui domine le maîitre autel actuel. C’est bien dommage pour nous.

Mais laissons les fermiers généraux et revenons à la Prieure. Elle a tous les droits seigneuriaux :

  • 1) droit de créer un sénéchal, un lieutenant, un procureur fiscal, notaires, greffiers, sergents
  • 2) droit de tutelles, curatelles, émancipation, ventes, lods, rachats, déshérences, successions de bâtards
  • 3) droit de moulin à vent. La « mouture était obligatoire », moyennant un seizième de redevance. Le moulin fut bâti après bien des difficultés. On sait qu’en 1779 tournaient 8 moulins à vent aux Moutiers et à La Bernerie. Mais l’un des plus anciens est sans aucun doute celui du Prieuré, nommé Moulin du Bourg. Dès 1209, la Prieure voulut construire son propre moulin. Mais le Sire de Rays s’y opposa car les religieuses ne seraient plus soumises à la « banalité » de celui du Seigneur et ne paieraient plus de droit de mouture. La contestation va durer jusqu’en 1225. A cette époque, l’évêque de Nantes fit connaître à la nouvelle prieure Jeanne Desroches qu’il avait obtenu l’accord du Sire de Rays.
    Le Moulin du Bourg est situé en bordure de la route de Villeneuve.
  • 4) droit de four à ban. Le four fut bâti peu de temps après le moulin. Et là encore le droit de cuisson sera de 1 pain sur 16. Tous ces droits permettaient de nourrir les religieuses mais aussi tous les pauvres hères qui, au cours du Moyen Age, cheminaient dans nos campagnes. Le four à ban était situé près de la Place de l’Eglise Madame, à l’emplacement de l’actuelle Maison de la Presse. Après la Révolution le four banal devint une salorge.
  • 5) droit de fuie (colombier), de garennes, de refuge à conils (lapins). La garenne était située entre Prigny et le Bois des Tréhans. Elle contenait 60 boisselées. Elle abritait des lièvres, des lapins, des faisans. Je ne pense pas qu’il y eut des chevreuils bien qu’Edouard Ill d’Angleterre ait accepté cet animal comme gibier de garenne.
  • 6) droit d’Amende et de Charrois sur ses sujets roturiers.
  • 7) droit de mesure « à blé, à vin, item pour l’aunage, le sel ». Les mesures de Prigny ont eu cours jusqu’à l’époque révolutionnaire puisque nous en trouvons trace dans les délibérations de certaines communes comme Saint Brévin. Bien entendu, au Moyen Age, elles étaient adoptées par tout le Pays de Retz. Nous trouvons en effet dans un aveu de 1447 « deux septiers, de froment, mesure rase de Prigny, à payer aux termes de Notre Dame de Septembre.
    En 1420, la terre de la Gressière doit foi, hommage et obéissance et neuf boisseaux de froment, mesure de Prigny, et 14 sols 6 deniers au Prieuré ».
    En 1455, Jamet Alory reconnaît qu’il est obligé d’adopter les mesures à vin et à blé utilisées par la Prieure Aliénor de Champagne.
  • 8) Sur la vente au détail du vin, elle a droit à quatre deniers pour la première pipe, un denier pour les pipes suivantes. Quant aux charrettes de sel, le droit de péage est de quatre deniers pour la charrette et un denier par bêtes attelées. C’était le droit de trépas ou passage.
  • 9) Droit de grosses et moyennes dîmes ainsi que droit de « la moitié du sixte sur les fruits croissants par labeur dans les terres labourables comme dans les marais salants ».

Quand la maîtresse du Roi venait aux Moutiers déguster les pimpeneaux de l’Erdre

Le prieuré avait en outre de nombreux biens dans la ville de Nantes. Entre autres 12 maisons dans le quartier de la Motte Saint André, et 5 immeubles rue Garde-Dieu. En 1507, la Prieure Renée de Villiers est obligée de vendre une moitié de maison et un jardin sur la Motte Saint André. Le long de l’Erdre, plusieurs moulins appartenaient au prieuré. Si bien que les religieuses des Moutiers ne manquaient pas de poissons. Chaque année, le Moulin de la Chaussée Barbin devait remettre au prieuré 300 pimpeneaux et le Moulin Coutant situé au Port Communeau, chaque « Saint Martin d’hyver » 374 pimpeneaux. Ceci aux XV° et XVI° siècles. Certes les pimpeneaux de l’Erdre étaient moins goûtés que ceux de la Loire. Mais ils étaient encore plus appréciés que ceux du marais des Moutiers qui parfois avaient un arrière goût de vase.

La Prieure avait aussi droit de cohue, de moyenne et basse justice. Le droit de cohue était l’autorisation donnée par les Sires de Retz d’avoir un marché. Ce droit fut accordé à la Prieure dès le Xl° siècle. Mais en 1265, il fut contesté par Gérard Chabot. Après de nombreuses démarchés, le duc de Bretagne maintint cette autorisation d’un marché hebdomadaire qui devait se tenir dans le bourg, chaque samedi. Par contre le Prieuré n’eut jamais droit à une foire. Tant et si bien que le dicton du Pays de Retz « Je te paierai à la foire de Prigny » était célèbre dans toute la région. C’était l’équivalent, en langage local, des fameuses « calendes grecques ». Comme de nos jours le marché avait lieu, sur l’actuelle place de l’Eglise. Chevas nous dit « Au joignant du cimetière entre les deux églises » est la halle ou cohue sous laquelle se tient le marché de la Prieure. Auprès se trouve son four à ban et non loin son moulin ». Le marché s’étendait également dans la rue actuelle du Prieuré. Le long des hauts murs, où l’on voit encore des pierres de lest apportées jadis, par les navires de la Hanse, est la place du Puits Davy, (puits ancien enchassé dans le mur du Prieuré). C’est là que se tenait le « marché aux oiseaux », c’est-à-dire à la volaille.

Sur la grande place, près de la Cohue, on avait dressé un poteau armorié, garni d’un collier de fer où l’on attachait les ivrognes, « jureurs et blasphémateurs du Saint Nom de Dieu » et autres malfaiteurs. On entourait le cou du malheureux de boyaux et de fressure de porc ; les badauds, friands d’un tel spectacle, pouvaient bombarder le coupable avec des oeufs et des légumes pourris.

Mais la Cohue était aussi le théâtre des réjouissances. Les jeunes mariés, qui sortaient de l’église paroissiale, devaient se rendre à l’issue de la messe de mariage dans l’église Madame, et remettre à la Prieure une offrande de quatre deniers. Ceux qui, la nuit suivante, couchaient, sur le fief du Prieuré devaient se rendre le lendemain matin à la Cohue, placer près du pilori une chaise et un tapis. Ils allaient alors quérir la prieure, ou son fermier général, et l’invitaient à s’asseoir. C’est alors que la corvée commençait car les jeunes mariés devaient chanter devant un public amusé une chanson « nouvelle et bien honnête ». Il est évident que dans certaines circonstances les jeunes époux devaient être passablement intimidés, par exemple, lorsqu’ils devaient chanter devant la dame de Maillé, maîtresse en titre de Sa Majesté, arrivée en grand équipage aux Moutiers, accompagnée de ses courtisanes pour rendre visite à sa cousine Madame La Prieure. Il s’agissait à cette époque de Madeleine de Maillé, Prieure de Sainte Marie des Moutiers en 1636 et parente de l’Abbesse du Ronceray Simone de Maillé. Comme on le voit, les grandes familles savaient s’épauler. Bien sûr, lorsque cette famille de Maillé se retrouvait au Prieuré des Moutiers, de nombreux chapons étaient sacrifiés, les anguilles grillaient sur des feux de sarments et les pipes de vin coulaient à flot. C’est que la vie aux Moutiers n’était pas forcément triste avant la Révolution.

Depuis des siècles, la lampe de Morts brille à chaque décès dans le bourg

Que reste-il du Prieuré de cette époque. L’église Madame a complètement disparu. Au milieu du siècle dernier on pouvait encore voir les vestiges du chœur avec ses trois absidioles. L’église était parallèle à l’église paroissiale Saint Pierre. Une porte donnait sur le jardin du Prieuré encore fort bien conservé et qui sert actuellement de Presbytère. Devant le Prieuré un puits existe toujours datant d’avant la Révolution. Le jardin du Presbytère est clos de hauts murs qui protégaient les religieuses. Ces murs sont faits en schiste local, mais aussi avec des pierres provenant du délestage des navires. Une autre porte de l’église Madame ouvrait directement sur l’ancien cimetière, entre l’église Madame et l’église Saint Pierre. Au milieu de ce cimetière, vous verrez la lanterne des morts qui attire encore de nombreux touristes. Cette lanterne est allumée chaque fois qu’il y a un décès dans la commune et le jour des Trépassés.

Haute de 7 mètres, elle a un diamètre de 1 mètre 50. Dans sa partie supérieure, trois petites fenêtres permettent de voir la lumière de la lampe. Une porte, au bas de la tour, donne accès à un escalier de huit marches. Au sommet une console recevait la veilleuse. Au temps du Prieuré cette lampe était alimentée par de l’huile, comme dans les catacombes. Maintenant c’est du 220 volts. Côté ouest de la tour, un autel est dédié à Saint Joseph, patron de la bonne mort.

Cette lanterne construite primitivement en tuffeau était érodée, lorsqu’elle fût reconstruite au siècle dernier en pierre de Saint Savinien. Devant cette Lanterne des Morts sont enterrés les anciens curés de Saint Pierre des Moutiers, les nombreuses sœurs du Ronceray qui vécurent au Prieuré mais aussi, beaucoup de marins, de laboureurs qui firent notre pays. Le poète Joseph Rousse (1838-1909) a bien su évoquer l’atmosphère qui se dégage de ce vieux cimetière endormi entre deux églises.

Le bourg silencieux dormait aux bruits des vagues
Près du cloître désert passaient des formes vagues,
Ombres des noirs cyprès balancés par le vent,
Qu’on eût prises de loin pour des Bénédictines
Revenant dans la nuit pour visiter ces ruines
Qui furent autrefois le mur de leur couvent.
0 Lanterne des Morts, tourelle poétique,
L’étranger curieux s’arrête devant toi ;
Il demande aux vieillards pour quel usage antique
Tu fus construite ainsi dans les siècles de foi
Puis il s’en va, rêvant à ta pâle lumière,
Plein d’un doux souvenir de ce vieux cimetière.

Il est difficile de dissocier l’Église Madame de l’Eglise Saint Pierre. Cette dernière avec ses contreforts du Xl° siècle, son aspect d’église grange du XlI° siècle, son clocher fin comme « pointe d’oignon montée à graine » son rétable renaissance, qui fait l’admiration des spécialistes, a l’avantage de pouvoir être visitée. Nous n’en parlerons donc pas plus longuement. Il est difficile d’apprécier le rôle spirituel qu’ont pu avoir au cours des siècles les religieuses du Prieuré des Moutiers. Nous avons eu un aperçu de leur activité temporelle. Mais l’influence du Prieuré Sainte Marie fut certainement considérable puisque jusqu’à la guerre de 1914 on a parlé du « bourg des Moutiers » comme on parlait du « bourg de Batz ».

La dernière prieure fut nommée en 1763. Elle s’appelait Jeanne-Charlotte-Céleste-Renée de Farcy de Cuille. Comme on le voit la plupart des Prieures de Sainte Marie des Moutiers furent d’origine noble. Avec elle vont disparaître les derniers aveux, les derniers hommages au roi de France, aux ducs et princes, dont toute l’histoire du Prieuré Sainte Marie est truffée. Pendant la période révolutionnaire, ses trésors et ses biens vont être vendus comme biens nationaux. On en tirera 278 000 livres alors que le citoyen Mourain de Bourgneuf n’en proposait que 65 000 livres. Les reliques importantes de la Communauté vont être dispersées. Nous n’en entendrons plus jamais parler. Or un inventaire de 1532 nous avait mentionné :
« Savoir : une relique de Saint Blaise, enchâssée dans une chasse d’argent en forme d’un bras où qu’il y a plusieurs preuves ». Une croix d’argent, assise sur une patte de bois en laquelle Croix, il y a un crucifix d’argent, des reliques des Saints Innocents, de Saint Loys, Roi de France, Saint Pierre, Saint Paul, Saint André, du linge de Notre Seigneur, deux anciennes reliques en « fazcon de lozange enchâssées en vieil argent ».
Une boeste vieille lozange de bois, enveloppée en un linge de toile bien doulyée, en laquelle il y a plusieurs reliques, un petit coffret couvert de velours rouge, dans lequel sont enfermées des reliques : une relique spéciale des capilles (cheveux) de la Vierge Marie, dans un médaillon en argent. Une chape qui avait appartenu à Saint-Hervé ». Le culte de Saint Hervé remonte aux Moutiers à l’an 1420.

En 1727, Me Julien-René Mégissier, doyen de la licence de Sorbonne, chanoine prébendier de l’église de Tours est chapelain de la Chapellennie de Saint Hervé, et à ce titre il doit trois messes par semaine au grand autel du prieuré où se trouve du côté de l’épitre, l’image de Saint Hervé.

Il y avait peu de cathédrales, en France aussi riches en reliques que le Prieuré, a écrit Chevas. Par contre le mobilier était modeste. Il consistait principalement en charlitz, escabeaux, bahuts, bancs, tables. Et toujours avec la désignation « vieux ou vieille ».

Le Prieuré Sainte Marie de Prigny, pendant tout le Moyen Age, a ouvert l’Anjou sur l’Atlantique et plus particulièrement sur les salines « de la Baye ». Prigny a donc joué un rôle important dans l’équilibre des différentes influences, bretonnes, angevines, poitevines au Pays de Retz. Pendant toute la période pré-révolutionnaire cette région est restée Pays de marches.

C’est pourquoi le Pays de Retz a continué d’honorer des saints d’origine aussi diverses que Saint Germain d’Auxerre, Saint Gwénolé de Landévennec, Saint Hervé de Lanhouarneau, Saint Hilaire de Poitiers, Saint Lupien de Rezé et Saint Martin de Vertou. Et cela malgré tous les efforts déployés par les moines de Marmoutier, pour accaparer tous les Martin de Vertou si nombreux au Pays de Retz, et les remplacer par Saint Martin de Tours leur fondateur.

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