Né au Pellerin, après de solides études, il part à Paris au séminaire des Oratoriens. Vite gagné aux idées révolutionnaires il deviendra député de la Loire-Inférieure en 1792 et votera la mort du roi. Ministre de la police efficace sous le Consulat, artisan de la Campagne de Russie, il devra s’exiler sur la fin de sa vie à l’époque de la Restauration.


Joseph Fouché est le fils d’un capitaine de navire, capitaine Fouché et de Marie Françoise Croizet dont le mariage a été célébré au Pellerin " le vingt deux de mars 1751. " De cette union naîtront sept enfants : trois filles et quatre fils. Le troisième enfant, prénommé aussi Joseph est né à la Martinière le dix neuf septembre 1754 et décède en bas âge.

Joseph Fouché dit de Rouzerolles est le cinquième enfant du couple. Il est né dans la grande rue du Pellerin le " vingt et un de may 1759 ", baptisé à l’église de la paroisse Notre Dame le " vingt trois de may 1759, " son parrain est François GOUY et sa marraine, Jeanne CROIZET "

Ses grands parents paternels sont tous les deux nés à Frossay où ils se sont mariés. La famille Fouché dont les hommes sont capitaine de père en fils possèdent des terres : les domaines de Rouzerolles, de la Martinière et de la Pangasserie. Ce sont des bourgeois nantis.

L’enfance de Joseph est paisible entre une mère aimante et un père attentif bien que souvent absent. C’est un enfant maigre, pâle et de constitution fragile mais très vite, sa vive intelligence retient l’attention. Il poursuit ses études chez les oratoriens à Nantes. Ses professeurs remarquent ses aptitudes pour les sciences mathématiques et physiques. Pendant dix ans, il est un élève studieux.

En 1771, le 10 mars, son père meurt en pleine mer. Madame Fouché pousse Joseph à poursuivre ses études. Chez les oratoriens, il apprend les humanités, le latin, la philosophie et la théologie étant les principales disciplines qui le conduiront à devenir bachelier. Ils le dirigent vers le professorat et la vie cléricale (il se sera jamais ordonné prêtre). Sa vie d’études au collège lui laissera de bons souvenirs et il n’oubliera jamais cette période.

Le 5 février 1775, sa sœur aînée, Louise épouse un veuf, le capitaine Louis Broband. Joseph est présent. Il vient d’ailleurs régulièrement passer ses vacances au Pellerin.

Il y séjournera encore en octobre 1781 à l’occasion du baptême de son neveu, Marie-Joseph Broband. Cette même année, il est inscrit au séminaire de l’Oratoire rue St Honoré à Paris. Il y reste peu de temps car il n’a pas la vocation. Il entame alors une carrière de professeur, de 1782 à 1790 successivement à Niort, Saumur, Vendôme, Juilly, Arras et Nantes. D’abord comme professeur de lettres puis de sciences. Il est très apprécié par ses confrères et ses élèves.

En 1789, à Arras, il rencontre un jeune avocat, Maximilien Robespierre et Lazare Carnot. Ils se lient d’amitié avant de devenir adversaires à la veille de Thermidor an II. L’histoire est en marche.

Arrivé à Nantes, il y trouve un climat où l’esprit révolutionnaire entraîne le désordre. Il est nommé principal du collège et s’efforce de rétablir l’ordre. Très vite, d’autres objectifs vont poindre ; son ambition fera le reste. Joseph Fouché est vite conscient que sa carrière de professeur se termine.

Dès 1791, il est élu président de la Société des Amis de la constitution. Le 10 août 1792, une convention nationale est convoquée. Elle donnera une constitution définitive au pays.

Le 2 septembre 1792, il est élu député de la Loire Inférieure avec sept autres nantais, à la convention.

Avant de poursuivre, nous tenons à noter, ici, combien cet homme, personnage historique important, parfois cruel et trouble a été proche de sa famille, l’a soutenue, aimée honnêtement. Cette base familiale lui est indispensable. Il se marie le 16 septembre 1792 avec Bonne-Jeanne Coiquaud dont il aura cinq enfants. Ils forment une famille tendrement unie. Il correspond régulièrement avec sa sœur, Louise Broband et aussi avec la famille Brillaud de Laujardière.

A Trieste, en exil, il restera proche de Jérôme Bonaparte. Il décèdera entouré par les siens le 26 décembre 1820 dans cette même ville.

L’homme politique

Joseph Fouché vote la mort du roi en janvier 1793. Il part ensuite en mission à Nevers. Puis à Lyon en 1793, il prend part à la sanglante répression contre les Lyonnais. Il est chassé de la Convention après l’arrestation de Robespierre en 1795. Grâce à Barras, il est nommé le 13 Thermidor an VII (juillet 1799) ministre de la police jusqu’en 1809.

Pendant le Consulat (1800-1804), le rôle de la police est fait d’habileté et d’efficacité. Beaucoup de complots sont évités grâce à lui. Ses intrigues avec Talleyrand et son opposition au mariage de Napoléon avec Marie-Louise provoquent son remplacement par Savary.

Mais il est fait duc d’Otrante le 15 août 1809. Après la campagne de Russie, il est chargé du gouvernement des provinces illyriennes, poste difficile après lequel il montra beaucoup de modération.

Du 1er mars au 8 juillet 1815, il est de nouveau ministre de la Police. Durant les Cent jours, il devient après la défaite de Waterloo, chef du gouvernement provisoire, négocie avec les alliés en compagnie de Talleyrand et contribue au retour de Louis XVIII, lequel le garde à la Police.

Les protestations des ultras le font s’éloigner comme Ambassadeur à Dresde courant 1815.

Frappé par l’ordonnance du 12 janvier 1816, comme régicide, il dut quitter la France et se retira définitivement à Trieste.

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