Saint-Léger sera la dernière commune de l’arrondissement de Nantes à avoir une école au 19e. Jusque là, une partie des enfants étaient scolarisés à Bouaye.


Si les projets révolutionnaires de développement de la scolarité ont été abandonnés faute de moyens, c’est la loi Guizot du 28 juin 1833 qui impose à chaque commune d’entretenir au moins une école primaire élémentaire, soit par elle-même, soit en se réunissant à une ou plusieurs communes voisines.

Disposant de peu de ressources, les communes de Brains et de Saint-Léger demandent à être rattachées à Bouaye pour l’ouverture prochaine d’une classe de garçons. Elles verseront leur quote-part des frais fixes de rétribution annuelle de l’instituteur et des frais de location de la maison d’école. Hormis les indigents bénéficiant de la gratuité de l’école, les familles devront verser une participation mensuelle pour chaque enfant scolarisé.

Une enquête détermine pour les trois communes réunies le nombre d’enfants âgés de 6 à 14 ans susceptibles d’être scolarisés :

  • à Bouaye : 50 garçons et 40 filles
  • à Brains : 29 garçons et 19 filles
  • à Saint-Léger : 22 garçons et 12 filles
    soit, au total : 101 garçons et 71 filles

L’article premier de la loi Guizot prévoit que "l’instruction primaire et élémentaire comprend nécessairement l’instruction morale et religieuse, la lecture, l’écriture, les éléments de la langue française et du calcul, le système légal des poids et mesures." Mais en réalité, très peu de ces enfants vont bénéficier de cet enseignement car ils constituent une main-d’œuvre utile à la famille et l’éloignement de l’école est un frein supplémentaire. Ceux du bourg auraient été avantagés par un rattachement à Port-Saint-Père si le franchissement de l’Acheneau n’avait pas été payant.

Un instituteur est alors nommé à Bouaye pour l’enseignement public primaire des garçons. Il s’agit de Jean Aimable Ringuenoire, né le 13.08.1798, marié avec enfant, ayant obtenu son brevet de 3è degré le 2.02.1833. Le 1er degré étant le niveau supérieur du brevet de capacité à enseigner, le 3è degré correspond quant à lui au niveau inférieur et requiert simplement des connaissances en lecture, écriture et calcul, en plus du certificat obligatoire de bonne conduite. Selon l’enquête administrative, "la moralité, la capacité et le zèle" de Monsieur Ringuenoire sont jugés "passables".

L’effectif des élèves fréquentant l’école varie avec les saisons : 32 en moyenne en hiver contre 22 en été pour le premier recensement. 23 élèves sur 32 sont admis gratuitement et aucun n’est pensionnaire. Août et septembre correspondent à la période de vacances et les enfants restent généralement scolarisés pendant 3 à 5 ans, en fonction des moyens.

On notera l’absence de classe pour les filles. Malgré leur population élevée, la création d’écoles leur étant réservées ne deviendra obligatoire qu’en 1850 pour les communes de plus de 800 habitants et en 1867 pour celles de plus de 500 habitants.

En août 1835, le conseil municipal de Saint-Léger arrête les dépenses annuelles de scolarité à 69,46 francs, soit 43,41 francs pour le salaire de l’instituteur et 26,05 francs pour son logement, sur un montant global de 320 francs. La rétribution mensuelle à la charge des familles qui peuvent payer est fixée à 1 franc ou 1,50 franc, suivant le niveau d’instruction.

Saint-Léger est la dernière commune de l’arrondissement de Nantes sans maison d’école. Une solution est trouvée en 1857 avec la location, pour 60 francs par an, d’un bâtiment appartenant à Monsieur Bachelier. Mais ce local est vétuste. Une lettre du maire au préfet le décrit comme "une espèce de mauvaise étable non carrelée sans plancher intermédiaire entre le sol et la toiture..." Il faudra quand même attendre dix-sept ans pour que le projet de construction de nouveaux locaux puisse voir le jour.

Sources :
Archives municipales.
Archives départementales, 5T1.
Guillet J., St Léger au 19e siècle.

M. Tramaux

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