A G 2018 de Vue sur le Marais

vendredi 23 mars 2018, par La Rédaction


A la suite de l’AG, à 11h00, conférence d’Alain Juno sur l’architecture « clissonnaise » en Pays de Retz.


Alain Juno offrira une conférence qui intéressera tous les amoureux de vieilles pierres que compte le Pays de Retz en évoquant avec force détails l’origine de l’architecture « clissonnaise » en Pays de Retz directement issue de la révolution agricole qui a traversé toute la région au XIXe siècle.

Pourquoi vous êtes-vous penché sur cette particularité architecturale clissonnaise ? Beaucoup d’entre nous traversent chaque jour dans nos communes du sud-Loire, souvent sans le voir ou le savoir, un environnement patrimonial rural original, marqué par l’architecture dite clissonnaise ou de style clissonnais, parfois resté « dans son jus », parfois remis en valeur avec bonheur, souvent modifié, avec des matériaux malheureusement inadaptés. La quasi-totalité des constructions concernées datant du XIXe siècle, plus exactement de sa deuxième moitié jusqu’au tout début du XXe, nous allons tenter de nous replonger dans ce XIXe qui fut un siècle d’hommes intelligents et entreprenants. L’objectif étant de comprendre comment et pourquoi s’est opérée cette transition architecturale. Ce qu’il faut absolument prendre en compte c’est que ce renouveau du bâti est un phénomène qui tire sa justification dans une réflexion sur une nouvelle économie agricole. Et j’ai pu observer dans mes recherches que les décideurs de l’époque sont parvenus, par des voies politiques différentes, à une convergence sur une même idée de volonté de progrès avec le même souci de l’esthétique. 

Par quoi pouvons-nous caractériser cette architecture dite « clissonnaise » ? Elle est très fonctionnelle pour l’époque, tenant compte aussi bien du confort des hommes que celui des animaux, avec l’objectif d’une gestion enfin organisée et efficace de l’agriculture destinée à répondre à la demande, notamment celle des conserveries et biscuiteries industrielles qui explosent alors littéralement à Nantes. À partir de 1830, c’est une marée de briques et de tuiles qui va envahir nos campagnes ! Désormais, on surveillera et on maîtrisera l’investissement ! On utilisera la pierre facilement disponible localement, et sur laquelle sera étendu un enduit à la chaux, mais on évitera le granit et le tuffeau trop coûteux. Et l’on posera des charpentes plus hautes et plus légères avec des planches et des pannes plutôt qu’avec de grosses poutres, solution d’autant plus économique que ces bâtiments sont souvent constitués de plusieurs cellules mitoyennes, à l’instar des nouveaux bâtiments industriels. Les façades seront, elles, désormais agrémentées de chaînes d’angles, de génoises, de parements et d’oculus en briques. 

Est-ce une réalité pour l’ensemble du pays de Retz ? Ce sujet concerne effectivement toutes les communes du Pays de Retz et j’ai d’ailleurs proposé il ya quelque temps aux instances de la Société des Historiens du Pays de Retz d’encourager toutes les antennes à travailler sur ce sujet fédérateur. La recherche en est facile car chaque équipe connaît bien son petit patrimoine bâti. Plus largement je pense qu’il serait très intéressant un jour, d’en réaliser une synthèse à concrétiser par un très beau reportage ou une exposition photographique commun afin de sensibiliser les populations locales à l’intelligence commune des propriétaires qui a alors sous-tendu ces réalisations, quelles que soient leurs sensibilités politiques.Il s’agit d’un patrimoine très digne d’intérêt et omniprésent mais pourtant il est devenu presqu’invisible par l’effet de la routine visuelle. En effet, tous ces bâtiments sont sous nos yeux tous les jours et nous en oublions les contours pittoresques et l’histoire qui va avec….

Et à Vue ? A Vue, il ne faut pas oublier sa grande proximité avec La Feuillardais, principal foyer de convergence des productions des briqueteries « familiales » qui se trouvaient sur toute la partie Ouest de la commune, dont on ne retrouve quasiment plus rien aujourd’hui, en dehors du bâti traditionnel qui fait la part belle aux briques et aux tuiles. Dans les archives, en particulier celles du recensement on peut se rendre compte du poids économique et social de cette activité qui y est régulièrement mentionnée ainsi que par les érudits quand il s’agit d’évoquer la commune de Vue. C’est un travail qui reste à faire par les historiens locaux mais nous savons que nous pouvons compter sur l’équipe de VUE SUR LE MARAIS pour exhumer cette particularité.

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